| | SAUVAGE INNOCENCE Louis Guichard, Jacques Morice
La France sauvée des eaux
(...) Sous l'emprise de Garrel.
Après les couleurs du " Vent de la nuit", Garrel revient au noiret blanc lustral et mortifère. L'amour, la drogue, l'argent, le cinéma irriguent cette nouvelle élégie au goût amer de désastre. Medhi Belaj Kacem, alter ego du cinéaste, créteur naïf et destructeur à son insu, tourne un film contre la drogue, et pour cela se salit les mains en fricotant avecun mafieux très séduisant (Michel Subor, puissant, d'une grande classe). De Paris à Amsterdam, entre réalité et fiction, angélisme et avilissement, Garrel Démystifie violement le cinéma, tout en convoquant le souvenir des disparus (Jean Eustache, Nico, Jean-Pierre Rassam). Plus complexe dans sa construction que sesautresfilms, "Sauvage innocence" dévoile progressivement une auto-critique cinglante. De quoi ravir les garréliens de toujours et conquérir, qui sait, de nouveaux spectateurs. (...)
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